Comment commencer le Kendo ?

L’équipement minimal du débutant

Le Kendo nécessite un équipement spécifique, mais rassurez-vous, en tant que débutant, vous n’aurez pas à investir immédiatement dans un équipement complet. Une approche progressive est généralement recommandée.

Pour commencer

Pour vos premières séances, vous aurez d’une simple tenue de sport, T-shirt et jogging par exemple. Ensuite,  vous pourrez acquérir la tenue traditionnelle :

  • Un keikogi (veste d’entraînement) : Généralement de couleur indigo, similaire à une veste de judo mais avec des manches plus courtes. Optez pour un modèle en coton robuste qui supportera les frottements.
  • Un hakama (large pantalon plissé traditionnel) : Indigo, il se porte par-dessus le keikogi. Bien que représentant un investissement initial, le hakama est essentiel car il impose une posture correcte et fait partie intégrante de la tenue traditionnelle.
  • Des zooris ou sandales : Pour vous déplacer du vestiaire au dojo, le Kendo se pratiquant pieds nus ou en tabi (chaussettes japonaises à gros orteil séparé).
  • Une serviette et une bouteille d’eau : L’entraînement de Kendo est physiquement exigeant et vous fera transpirer abondamment.

Le shinai (sabre en bambou)

D’abord prêté par le club,  il vous faudra acquérir votre propre shinai après quelques séances :

  • Choisir la bonne taille : Pour un adulte débutant, un shinai de 39 pouces (environ 99 cm) convient généralement. Les femmes et les personnes de petite taille peuvent opter pour un modèle plus court (37 pouces).
  • Le poids : Entre 480 et 520 grammes pour un premier shinai. Les modèles plus légers sont plus faciles à manier mais moins durables.
  • La qualité : Privilégiez un shinai de niveau intermédiaire plutôt qu’un modèle pour débutant trop basique qui se détériorera rapidement. Un shinai coûte généralement entre 40 et 80 euros.

L’acquisition du bogu (armure)

La plupart des clubs permettent aux débutants de s’entraîner plusieurs mois sans bogu, se concentrant sur les bases techniques. Le bogu comprend :

  1. Men : Le men est un casque qui protège la tête, le visage et la gorge. Il est constitué de plusieurs couches de coton et de cuir, avec une grille en métal pour protéger le visage, tout en permettant une bonne vision et respiration.
  2. Do : Le do est un plastron rigide qui protège la poitrine et le torse. Fabriqué en cuir et bambou ou matériaux synthétiques ; il est conçu pour absorber les coups portés au corps, tout en offrant une grande mobilité des membres supérieurs.
  3. Kote : Les kote sont des gants rembourrés qui protègent les poignets et les avant-bras. Ils sont renforcés pour absorber les frappes directes, tout en permettant une prise ferme sur le shinai.
  4. Tare : Le tare est une protection pour la taille et les hanches, composée de plusieurs couches de tissu renforcé. Il protège le bas du corps et porte souvent le nom du pratiquant et/ou de son dojo inscrit sur l’avant.

Un bogu complet représente un investissement conséquent (entre 400 et 1000 euros pour un équipement neuf de niveau débutant/intermédiaire), mais il s’agit d’un matériel durable qui vous accompagnera pendant de nombreuses années.

Où se procurer l’équipement ?

Plusieurs options s’offrent à vous :

  • Les boutiques spécialisées en arts martiaux japonais : Elles proposent généralement un conseil personnalisé mais à un prix élevé.
  • Les fournisseurs en ligne : De nombreux sites spécialisés offrent un bon rapport qualité-prix. Privilégiez ceux qui détaillent précisément les caractéristiques des produits.
  • Les commandes groupées via votre dojo : Nous organisons des commandes collectives en début de saison, permettant d’obtenir des tarifs préférentiels et des économies sur les frais de livraison.
  • Le marché de l’occasion : Une option intéressante pour le bogu, à condition de pouvoir vérifier l’état du matériel.

N’hésitez pas à demander conseil aux pratiquants plus anciens avant tout achat important. Leur expertise vous évitera des erreurs coûteuses.

Les premiers pas : attentes et conseils

Débuter le Kendo est une aventure enrichissante mais exigeante. Savoir à quoi s’attendre et comment aborder les premières étapes vous aidera à vivre cette expérience de manière optimale.

Ce qui vous attend lors des premières séances

Les premiers mois de pratique se concentrent généralement sur :

  • L’apprentissage de l’étiquette (reigi) : Saluts, manière d’entrer et de sortir du dojo, respect du matériel et des partenaires. Cette dimension peut sembler formelle mais est fondamentale.
  • Les gardes de base (kamae) : Principalement chudan-no-kamae, la position fondamentale où le shinai est pointé vers la gorge de l’adversaire.
  • Les déplacements (ashi-sabaki) : Le suri-ashi (déplacement glissé) constitue la base de tous les mouvements en Kendo et nécessite un apprentissage patient.
  • Les frappes fondamentales : D’abord pratiquées dans le vide (suburi), puis progressivement avec partenaire, sans contact au début.
  • Le travail de respiration et du kiai (cri qui accompagne la coupe) : Aspect souvent déroutant pour les débutants occidentaux mais essentiel à la pratique.

Défis courants et comment les surmonter

La progression en Kendo s’accompagne de certains défis prévisibles :

  • Courbatures et douleurs musculaires : La posture et les mouvements spécifiques du Kendo sollicitent des muscles peu utilisés au quotidien. Solution : persévérer, s’étirer correctement et accepter cette phase d’adaptation physique.
  • Difficulté à coordonner pieds, mains et respiration : La synchronisation (ki-ken-tai-ichi) est complexe au début. Solution : décomposer les mouvements et les pratiquer lentement avant d’augmenter la vitesse.
  • Timidité dans l’expression vocale (kiai) : Beaucoup de débutants occidentaux éprouvent une gêne à crier. Solution : observer les pratiquants expérimentés et comprendre que le kiai fait partie intégrante de la technique, et n’est pas une simple manifestation émotionnelle.
  • Frustration face à la lenteur apparente des progrès : Le Kendo est une discipline de patience. Solution : se concentrer sur les petites améliorations plutôt que sur un objectif lointain de perfection.

Conseils pour optimiser votre progression

Pour tirer le meilleur parti de vos débuts en Kendo :

  • Pratiquez régulièrement : Deux à trois séances hebdomadaires constituent un rythme idéal pour progresser sans s’épuiser.
  • Observez attentivement : Le mitori-geiko (apprentissage par l’observation) est une méthode traditionnelle efficace. Regardez les pratiquants avancés avec attention.
  • Soyez patient avec vous-même : Le Kendo est un chemin de vie, pas une compétence à acquérir rapidement. Les petits progrès s’accumulent avec le temps.
  • Posez des questions judicieusement : Dans la tradition japonaise, on apprend d’abord par l’observation et la pratique. Réservez vos questions pour les moments appropriés.
  • Prenez soin de votre équipement : Apprenez rapidement à entretenir votre shinai et, plus tard, votre bogu. Un équipement bien entretenu dure plus longtemps et vous protège mieux.
  • Participez à des stages : Assistez à des stages avec des enseignants extérieurs. Ces expériences enrichissent considérablement votre compréhension.
  • Cultivez l’esprit débutant : Même les plus grands maîtres de Kendo considèrent qu’ils sont toujours en apprentissage. Cette humilité est essentielle à la progression.

Objectifs réalistes pour la première année

Au terme d’une année de pratique régulière, vous pourriez raisonnablement :

  • Maîtriser l’étiquette fondamentale du dojo,
  • Exécuter correctement les déplacements de base,
  • Réaliser les frappes fondamentales (men, kote, do) avec une forme acceptable,
  • Acquérir votre bogu complet et commencer les exercices avec contact,
  • Comprendre les principes de distance (ma-ai) et de timing,
  • Passer votre premier grade (6e ou 5e kyu selon les fédérations),
  • Développer un respect profond pour la discipline et ses valeurs.

Débuter le Kendo est le premier pas sur un chemin d’apprentissage potentiellement infini. Cette discipline ne se contente pas de développer des compétences martiales ; elle forge le caractère, cultive la persévérance et enseigne le respect. Les difficultés initiales sont largement compensées par la richesse de l’expérience et la satisfaction profonde que procure la progression dans cette voie traditionnelle.

Rappelez-vous que chaque grand maître a commencé un jour comme débutant, et que l’important n’est pas d’avancer vite, mais d’avancer juste. Le Kendo vous offre l’opportunité rare de vous connecter à une tradition séculaire tout en développant des qualités précieuses pour la vie contemporaine.